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Presse
Protection
des investissements :
dix questions, dix réponses d'un courtier spécialisé
1- Qu'est-ce que le risque politique et en quoi se différencie-t-il
du risque pays ?
L'étude du risque « Pays » fait partie
des premiers travaux d'analyse de l'investisseur, sous la forme
d'une évaluation des avantages et des inconvénients
qu'il présente pour les investisseurs ; c'est un paramètre
essentiel dans la décision d'investir car il conditionne
la rentabilité de l'implantation.
Le risque dit « politique » en fait partie mais il concerne
la Puissance publique, le fait du Prince, qui peut occasionner des
pertes pour les opérateurs privés, tant des sommes
investies que des profits attendus.
Ce risque se
manifeste sous différentes formes :
- confiscation, expropriation, nationalisation,
- destruction des installations industrielles, pillage des stocks
et des bureaux lors d’émeutes, d’une guerre civile
ou étrangère,
- impossibilité de rapatrier les dividendes ou les produits
de la cession de la société locale pour cause d’inconvertibilité
ou de pénurie de devises
- non-respect par l'Etat de ses engagements contractuels.
Par exemple,
un pays pourtant en voie d’accession à l’Union
européenne, la Pologne, multiplie les litiges de confiscation
avec les investisseurs (Pernod-Ricard, Eureko) ; l’insécurité
aux Iles Salomon a conduit une entreprise d’exploitation minière
à abandonner la mine.
Le risque politique
existe, il s’est manifesté au cours des dernières
années sous toutes ses formes, même les plus classiques,
et dans toutes les grandes régions du monde, occasionnant
des dommages souvent sérieux aux investisseurs.
2-
Outre les cas de nationalisation ou d’expropriation brutales,
à quels types de risques politiques l’investisseur
est-il exposé aujourd’hui ?
La confiscation pure et simple existe encore mais a évolué
vers des formes plus pernicieuses que l’on qualifie de «
nationalisation rampante » : coupures d’électricité
non planifiées, non attribution des licences d’exportation
ou d’importation indispensables à l’exploitation....,
difficulté d’exercice de l’activité pour
cause de désordre public persistant ou d’insécurité
avérée. La Chine, pourtant en voie d’adhésion
à l’OMC, soumet la vente de produits électroniques
fabriqués localement par des investisseurs étrangers,
même établis en Joint-Venture, à des autorisations
administratives difficiles à obtenir.
Au-delà du risque classique de la confiscation, différentes
formes d’empêchement de fonctionner peuvent être
prises en compte par le marché privé de l’assurance,
qui vont de l’insécurité avérée
à des changements de réglementation locale.
3- Quels peuvent en être les conséquences sur
l’investisseur ?
L’empêchement de fonctionner dans les conditions de
rentabilité prévues à l’origine conduit
à
des pertes d’exploitation et forcément à l’arrêt
d’activité : c’est un vrai risque ! Sa couverture
est un produit délicat à concevoir, qui demande au
courtier une excellente compréhension de l’exploitation
de la société locale et de la façon dont se
forme le bénéfice réel. Il s’agit de
définir les caractéristiques techniques du produit
de façon à que, en cas de crise, l’indemnisation
puisse être calculée rapidement et sans possibilité
de litige avec l’assureur.
Le marché
privé de l’assurance sait s’adapter à
la perception qu’ont les investisseurs de leur risque, les
clauses des polices évoluent sous l’impulsion des courtiers
spécialisés.
4-
Quels sont les organismes qui peuvent fournir des couvertures d’assurance
de l’investissement contre le risque politique ? (procédures
publiques, marché privé)
Le marché du risque politique a d’abord été
strictement public, animé par les opérateurs nationaux
bien connus (Coface en France, Hermès en Allemagne, OPIC
aux Etats-Unis, Ducroire en Belgique), dispositif complété
sur les couvertures d’investissements par un outil multilatéral
du groupe de la Banque mondiale MIGA) ; ces acteurs travaillent
avec l’argent public.
Un marché
privé a émergé dans les années 80. Les
capacités disponibles sur le marché privé ont
explosé depuis deux ans et dépassent 2000 milliards
de dollars en 2001, le marché assure des risques sur des
durées de plus en plus longues et paye des sinistres.
Son dynamisme récent se manifeste aussi par son inventivité
produits et la souplesse des calculs de prime ; c’est ce qui
permet aux investisseurs d’éviter de recourir aux établissements
publics et par là d’économiser les deniers publics.
En outre, le
marché privé est attaché à la confidentialité
des polices, ce qui constitue une protection de l’investisseur
et de l’assureur, ce qui n’est pas le cas des assureurs
publics nationaux ou multilatéraux (Miga) qui au contraire
pensent que l’effet d’annonce auprès des Autorités
locales peut avoir un effet dissuasif sur toute tentative d’appropriation
illégale / illicite ; c’est à l’investisseur
de décider au cas par cas où est son intérêt.
5-
Quels sont les autres avantages d’être assurés
contre le risque politique ?
L’assurance du risque politique permet d’améliorer
les montages financiers car elle allège les contraintes réglementaires
qui pèsent sur les banques, réduit ainsi le coût
global du financement, voire permet de lever des fonds qui sinon
ne s’investiraient pas.
Elle permet également d’améliorer la notation
de l’entreprise par ses banquiers et par les analystes financiers
lorsqu’elle est cotée en Bourse.
6-
Est-il obligé de couvrir tous ses risques ou peut-il obtenir
des couvertures « à la carte » ?
La plupart des assureurs offrent cette possibilité car les
courtiers spécialisés ne proposent pas un produit
standard : ils procèdent pour chaque client à l’identification
des risques, de façon à solliciter auprès des
différents assureurs une couverture adaptée.
7-
Y a-t-il des pays que l’on ne peut pas assurer ?
Non, si un investisseur décide d’investir dans un pays,
il est impensable que l’on ne trouve pas un assureur disposé
à le suivre et à des conditions financières
raisonnables. Les assureurs peuvent refuser temporairement de prendre
un risque sur un pays lorsqu’ils sont directement en litige
avec le pays concerné, mais il est très exceptionnel
que tout le marché soit fermé.
8-
En dehors de mon investissement lui-même, les assureurs privés
peuvent-ils aussi me garantir contre une baisse de mon chiffre d’affaires
et dans quelles conditions ?
Le marché peut couvrir une baisse du chiffre d’affaires
consécutive à l’une des manifestations du risque
politique. Par exemple, la Coface privée a mis au point récemment
un produit qui indemnise une baisse de chiffre d’affaires
due à une dévaluation importante (40%) .
9-
Y a t il des moyens de réduire le coût d’une
garantie des investissements ?
Il y a plusieurs façons de le faire : d’abord,
par une évaluation des risques spécifiques du projet,
on peut éviter des couvertures redondantes voire inutiles.
Ensuite, il faut éviter l’approche au cas par cas (telle
que pratiquée avec les assureurs publics) car elle est toujours
coûteuse : elle ne s’intègre pas dans une démarche
systématique de couverture des risques latents et elle conduit
l’investisseur à rechercher une protection sur les
risques les plus visibles, donc les plus coûteux à
assurer.
Au contraire, l’approche systématique de couverture
globale d’un porte feuille permet des économies considérables
sur les primes grâce à la souplesse du mode de calcul
des primes sur le marché privé, ce qui explique que
la plupart des multinationales sont aujourd’hui assurées
selon ce mode, délaissant la pratique dangereuse de l’auto
assurance.
10-
Faut-il avoir recours à un courtier ?
En France, l’assureur public ne travaille pas avec les courtiers
mais ce n’est pas un cas général ; ECGD à
Londres ou Miga apprécient le rôle du courtier, ainsi
que les plus grands assureurs privés (AIG par exemple) :
ceci améliore la transparence et la créativité
du marché, et par suite le service rendu aux investisseurs.
Le rôle
des courtiers est d’inciter les assureurs à proposer
des produits de plus en plus adaptés aux besoins des clients
: les courtiers, à condition qu’ils soient spécialisés,
apportent une valeur ajoutée significative à tout
le processus de lancement de l’investissement (optimisation
du montage financier, sécurisation du capital investi et
des profits attendus) ; leur connaissance des opérations
réalisées leur permet de pousser toujours plus loin
l’innovation.
C’est
un marché très spécialisé où
le savoir faire des courtiers peut tout changer : pour être
efficaces, les courtiers ont besoin d’un savoir-faire financier
et juridique ainsi que d’une compréhension intime des
ressorts de l’exploitation de l’entreprise. A bon courtier,
rien d’impossible car il y a une solution pour tous les risques,
à condition de savoir comment l’inventer et à
qui la présenter.
Assurance
& investissement
France Arnaud de Taddéo

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